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IA et test d’intrusion : Claude, GPT, Mistral, GLM et Qwen comparés (octobre 2026)

En 2026, les modèles d’IA trouvent des failles par dizaines de milliers et écrivent des exploits. Claude, GPT, Mistral, GLM et Qwen ne jouent pourtant pas dans la même catégorie. Voici ce que disent vraiment les chiffres, qui a accès à quoi, et ce que cela change pour défendre une PME.

Nestor
ParNestor
10 min de lecture
Cinq modèles d’intelligence artificielle sont comparés autour d’un environnement de test isolé.

Votre prestataire de sécurité annonce désormais des tests « augmentés par l’IA ». Un concurrent vante un agent autonome qui trouve les failles pendant la nuit. Et les attaquants, eux, ont accès aux mêmes outils. Cinq familles de modèles dominent ce paysage : Claude (Anthropic), GPT (OpenAI), Mistral (Mistral AI), GLM (Z.ai, ex-Zhipu) et Qwen (Alibaba). Elles ne se valent pas, et surtout elles ne se distribuent pas de la même façon.

Ce comparatif s’appuie sur les données publiques arrêtées à la mi-octobre 2026. Il ne cherche pas à désigner un champion, mais à vous aider à lire les annonces et à poser les bonnes questions.

129 000
vulnérabilités vérifiées découvertes avec Claude par les partenaires du Project Glasswing entre avril et juillet 2026, dont plus de 33 000 critiques ou élevées en comptant les analyses d’Anthropic
Source : Anthropic, 6 octobre 2026

Deux philosophies : accès vérifié ou poids ouverts

La première différence n’est pas technique, elle tient à la distribution.

Claude GPT Mistral GLM Qwen
Éditeur Anthropic (États-Unis) OpenAI (États-Unis) Mistral AI (France) Z.ai (Chine) Alibaba (Chine)
Modèles de pointe en cyber Mythos 5.1, Opus 5.5 GPT-6 Astra, GPT-5.6 Sol Large 4 (préversion) GLM-5.2, GLM-5.3 Qwen 3.5
Distribution Service en ligne Service en ligne En ligne, poids annoncés fin octobre Poids ouverts Poids ouverts
Garde-fous cyber Forts, assouplis pour les organisations vérifiées Forts, assouplis pour les organisations vérifiées Modérés, assouplis pour des partenaires vérifiés Jugés faibles par le NIST (GLM-5.2) Retirables (versions modifiées en circulation)
Point fort Exploitation, raisonnement long Exploitation, couverture des bancs d’essai Hébergement européen, recherche et correction de failles Recherche de failles Petits modèles locaux

Un modèle à poids ouverts se télécharge et s’exécute sur ses propres serveurs : personne ne voit ce que vous lui demandez. C’est un atout pour la confidentialité. C’est aussi un cadeau pour un attaquant, qui peut s’en servir sans aucune surveillance.

Ce que disent les chiffres, et leurs limites

Trois bancs d’essai reviennent dans les annonces : CyberGym (identifier et reproduire des vulnérabilités réelles), ExploitBench (écrire un exploitExploitProgramme ou technique qui tire parti d’une vulnérabilité précise pour faire faire à un système ce qu’il ne devrait pas : exécuter du code, contourner une authentification, lire des données. fonctionnel) et des séries de défis CTF (épreuves de hacking éthique). Voici la seule comparaison publiée sur les mêmes tests pour trois modèles de pointe :

Modèle Trouver une faille (CyberGym) Écrire un exploit (ExploitBench)
GLM-5.3 (Z.ai) 84,5 % 54,4 %
Claude Mythos 5 (Anthropic) 83,8 % 78 %
GPT-5.6 Sol (OpenAI) 83,6 % 76,5 %

Depuis, deux modèles ont rebattu les cartes, toujours selon leurs éditeurs. OpenAI annonce que GPT-6 Astra atteint le score maximal sur ExploitBench. Mistral annonce que Large 4 obtient 82 % sur un test où il faut reproduire puis corriger une vraie faille de logiciel libre, le meilleur score mesuré, et résout 93 % des défis de Cybench.

Des chiffres publiés par les éditeurs

Le tableau vient des tests de Z.ai, rapportés par CSO Online en août 2026, y compris pour les modèles concurrents. Les scores d’Astra et de Large 4 sont ceux d’OpenAI et de Mistral. Aucun organisme indépendant ne les a reproduits. Mistral note d’ailleurs que Claude Opus 5.5 et GPT-6 Astra obtiennent un score proche de zéro sur son test parce qu’ils refusent la tâche : un banc d’essai mesure aussi les garde-fous. BenchLM, qui agrège ces résultats, refuse de publier un classement unique.

Deux études indépendantes complètent le tableau, avec des modèles un peu plus anciens :

  • Défis CTF complexes. L’université d’Albany (SUNY) a soumis 200 défis du NYU CTF Bench à dix modèles. Claude 4.5 Opus en résout 59 %, Gemini 3 Pro 52 %, GLM-5 19,5 %, GPT-5.2-Codex 18 % et Qwen 3.5 (397 milliards de paramètres) seulement 3,5 %. Les auteurs précisent qu’un seul essai par défi rend ces chiffres indicatifs.
  • Défis web simples, en local. TrustedSec a lancé 100 fois huit défis web classiques (injection SQL, contournement d’authentification, lecture de fichiers) contre une application volontairement vulnérable. Qwen 3.5 en version 27 milliards de paramètres, exécuté sur une seule machine, réussit 97,5 % des essais.

La leçon est utile : sur des failles courantes et bien documentées, un petit modèle local suffit déjà. Sur des attaques longues, qui demandent d’enchaîner plusieurs étapes, l’écart avec les meilleurs modèles reste énorme.

Claude : l’exploitation, sous condition d’accès

Anthropic réserve ses capacités offensives à des organisations vérifiées. Depuis le 6 octobre 2026, son Cyber Verification Program compte trois niveaux, tous avec Claude Opus 5.5, Sonnet 5.5 et Mythos 5.1 :

Anthropic a mesuré l’effet de ces niveaux sur 50 scénarios d’attaque : avec l’accès Red Team, Opus 5.5 en mène 34 à bien, autant que sans aucun garde-fou ; avec l’accès Defense, 46 essais sur 50 sont bloqués à un moment ou un autre. Sans l’accès Red Team, la plupart des scénarios d’exploitation sont donc bloqués, même pour un usage légitime.

GPT : un modèle jugé « critique »

OpenAI a franchi un cap en septembre 2026 avec GPT-6 Astra, que l’éditeur classe au niveau « critique » en cybersécurité, le plus élevé de son cadre de risque. Selon OpenAI, cité par la presse, Astra trouve des vulnérabilités inconnues et les exploite sans instructions humaines pas à pas. Conséquence : l’accès complet a d’abord été réservé à quelques grands acteurs de la sécurité (Cisco, Cloudflare, Palo Alto Networks), et la version grand public refuse les demandes qui pourraient servir une cyberattaque, quitte à bloquer parfois des usages légitimes.

Le modèle précédent, GPT-5.6 Sol, classé « High » en juillet, donnait déjà une indication précieuse dans sa fiche de sécurité : il trouvait des vulnérabilités et des morceaux d’exploits, mais n’avait pas réussi d’attaque autonome de bout en bout contre des cibles durcies. Les défenseurs vérifiés passent par le programme Trusted Access for Cyber, qui réduit les refus pour l’analyse de vulnérabilités, la rétro-ingénierie ou la validation de correctifs.

Mistral : le choix européen

Mistral AI a présenté le 6 octobre 2026 une préversion de Mistral Large 4, un modèle d’environ mille milliards de paramètres. Selon l’éditeur, il se classe parmi les cinq meilleurs modèles mondiaux sur l’indice cyber d’Artificial Analysis et devance largement les autres modèles ouverts conçus hors de Chine. En interne, Mistral l’a trouvé utile pour l’analyse de logiciels malveillants, la priorisation des vulnérabilités et l’écriture de règles de détection.

Trois points le distinguent :

  • L’hébergement. Le modèle est entraîné et servi dans les centres de données de Mistral en Europe, et pourra tourner sur un cloud privé ou sur vos propres serveurs une fois les poids publiés, ce que l’éditeur annonce pour la fin octobre.
  • Les garde-fous. Mistral affirme qu’il refuse davantage les demandes cyber dangereuses que les autres modèles ouverts, et réserve une version moins modérée à des partenaires vérifiés et à des autorités publiques, avec qui il le teste en conditions réelles.
  • Les limites. C’est une préversion, et tous les scores cyber publiés à ce jour viennent de Mistral.
Auto-héberger, oui ; une API hors d’Europe, prudence

Les poids de GLM ou de Mistral tournent sur vos propres serveurs sans rien envoyer à l’éditeur, mais il faut une infrastructure de centre de données pour les plus gros modèles. Utiliser une API hébergée hors de l’Union européenne, en Chine ou ailleurs, pour analyser les systèmes ou les données d’un client revient à transférer ces données hors de l’Union, ce que le RGPD encadre strictement.

GLM : la surprise chinoise

GLM est le modèle qui a le plus bousculé le secteur en 2026. Le centre d’évaluation de l’IA du NIST américain (CAISI) a jugé en juillet que les capacités cyber de GLM-5.2 étaient similaires à celles de Claude Opus 4.6, sorti en février 2026. Le même rapport relève que ses garde-fous laissent passer l’aide au développement d’exploits par un agent autonome.

GLM-5.3, lancé à la mi-août puis publié en poids ouverts à la fin du même mois, affiche selon Z.ai le meilleur score sur CyberGym, mais reste loin derrière sur l’écriture d’exploits (54,4 % contre 76 à 78 % pour Claude et GPT). L’éditeur reconnaît lui-même que ses capacités cyber « se sont développées plus vite que prévu ».

Qwen : le couteau suisse local

Qwen n’est pas le plus fort, mais c’est le plus pratique. Ses petites versions (9 ou 27 milliards de paramètres) se téléchargent librement et tournent sur une seule carte graphique ; vérifiez la licence de chaque version avant un usage commercial. Elles excellent sur les tâches répétitives : trier les résultats d’un scanner, analyser des journaux, rédiger des fiches de correction.

Revers de la médaille : des versions modifiées, dont les refus ont été supprimés, circulent librement. Elles ne sont pas meilleures en sécurité, seulement plus dociles, et personne ne garantit leur comportement.

Ce que cela change pour défendre une PME

Le constat le plus important ne concerne pas les prestataires, mais les attaquants. Des modèles proches de l’état de l’art pour la recherche de failles sont désormais téléchargeables et utilisables sans contrôle. Conséquence directe : le délai entre la publication d’une CVECVEIdentifiant unique et public attribué à une vulnérabilité connue (par exemple CVE-2021-44228), qui permet à tout le monde de parler de la même faille sans ambiguïté. et les premières attaques se raccourcit, et les failles banales de vos sites exposés seront trouvées plus vite qu’avant.

Votre prestataire utilise l’IA : les questions à poser

L’IA ne change rien au Code pénal

Accéder sans autorisation à un système informatique reste puni par l’article 323-1 du Code pénal, de 3 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende jusqu’à 7 ans et 300 000 € selon les cas. Un agent d’IA qui sort du périmètre autorisé engage la responsabilité de l’entreprise qui l’a lancé, pas celle de l’éditeur du modèle.

Notre lecture

  • Pour un test d’intrusion approfondi, Claude et GPT, utilisés dans leur programme d’accès vérifié, restent les seuls à combiner un haut niveau en exploitation et un cadre d’autorisation clair.
  • Pour des données qui ne doivent pas quitter l’Europe, Mistral Large 4 est désormais une option crédible, à confirmer par des évaluations indépendantes.
  • Pour des données qui ne doivent pas sortir de chez vous, un modèle auto-hébergé (Mistral ou GLM pour la puissance, Qwen pour la légèreté) est une bonne réponse, à condition de l’entourer de vos propres contrôles.
  • Dans tous les cas, l’IA accélère la découverte, elle ne remplace ni l’expert qui valide, ni l’autorisation écrite, ni le contre-test.

Le test d’intrusion non destructif de KrakenShield, lancé depuis la console sur un domaine dont vous avez prouvé la propriété et sous votre autorisation, vous permet de vérifier régulièrement ce qu’un attaquant outillé verrait de vos sites (voir les capacités). Et si un attaquant passait malgré tout, notre article Attaque par rançongiciel : que faire détaille les premières heures. Pour comprendre tout ce que l’IA change, en attaque comme en défense, lisez le chapitre IA et cybersécurité de « Cyber de A à Z ».

À retenir

  1. Pour trouver des vulnérabilités, les meilleurs modèles fermés et ouverts sont désormais au coude à coude, selon les chiffres publiés. Pour écrire un exploit qui fonctionne, Claude et GPT gardent une avance nette.
  2. Claude et GPT réservent leurs capacités offensives à des organisations vérifiées. Mistral, GLM et Qwen publient leurs poids : leurs modèles tournent chez vous, et chez les attaquants.
  3. Mistral Large 4 est le premier modèle européen au niveau des meilleurs en cybersécurité, hébergé en Europe : une option sérieuse quand les données ne doivent pas quitter l’Union.
  4. La plupart des scores sont publiés par les éditeurs eux-mêmes, sur des bancs d’essai différents : lisez-les comme des tendances, pas comme un classement.
  5. Les attaquants disposent d’outils proches de l’état de l’art sans aucun contrôle : le délai entre la publication d’une faille et son exploitation se raccourcit, corrigez plus vite.
  6. Si votre prestataire de test d’intrusion utilise l’IA, demandez quel modèle, où partent vos données et qui valide chaque faille avant le rapport.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur modèle d’IA pour la cybersécurité en 2026 ?

Il n’y a pas de vainqueur unique. Pour écrire des exploits, GPT-6 Astra et Claude Mythos dominent, mais ne sont accessibles en totalité qu’à des organisations vérifiées. Pour trouver et corriger des failles, Mistral Large 4 et GLM-5.3 annoncent des scores comparables. Le choix dépend de l’usage, du cadre d’accès et de l’endroit où vos données peuvent aller.

Peut-on utiliser ChatGPT ou Claude pour un test d’intrusion ?

Oui, à deux conditions. D’abord une autorisation écrite du propriétaire des systèmes, comme pour tout test. Ensuite un accès adapté : en usage standard, les deux refusent la plupart des demandes d’exploitation. Anthropic et OpenAI proposent des programmes d’accès vérifié pour les équipes de sécurité et les sociétés de test d’intrusion.

Mistral est-il une bonne option pour une entreprise française ?

Pour la confidentialité, oui : Mistral Large 4 est entraîné et servi dans les centres de données européens de Mistral, et ses poids doivent permettre de l’installer sur vos serveurs. Ses scores en cybersécurité sont parmi les meilleurs annoncés, mais ce sont ceux de l’éditeur. Comme pour tout modèle, faites valider chaque résultat par un expert.

Les modèles chinois comme GLM ou Qwen sont-ils dangereux ?

Le modèle lui-même n’envoie rien s’il tourne sur vos serveurs. Le risque vient de deux choses : utiliser l’API hébergée par l’éditeur pour des données de clients, ce qui constitue un transfert hors de l’Union européenne, et des garde-fous faibles, que n’importe quel attaquant peut exploiter puisque les poids sont publics.

L’IA va-t-elle remplacer les pentesteurs ?

Pas à court terme. Les meilleurs modèles trouvent beaucoup de failles et commencent à les exploiter seuls, mais il faut toujours un expert pour vérifier, mesurer l’impact réel, rester dans le périmètre autorisé et expliquer les corrections à la direction.

Un test d’intrusion mené avec l’IA est-il légal ?

Oui, s’il est autorisé par écrit par une personne qui a autorité sur les systèmes. L’outil ne change rien au Code pénal : un agent d’IA qui sort du périmètre engage la responsabilité de celui qui l’a lancé.

Sources

Pour aller plus loinIA et cybersécuritéCyber de A à Z, chapitre 20

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Belinda

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